Du plagiat au métaplagiat ou les métastases d’un totalitarisme en germe

(English : Plagiarism, Metaplagiarism : Metastases of an Emerging Totalitarianism)

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Résumés en français & English Summary

Comment un plagiat commis en France – par Bertrand DAUTZENBERG, président de l’OFT (Office Français du Tabagisme) et Jean-Yves NAU, journaliste au journal Le Monde) et doublé de la plus grande imposture de l’histoire de la recherche sur le tabac [

1-4]- vient de faire l’objet, en Belgique, d’une tentative de réhabilitation effarante de la part du FARES (Fonds des Affections Respiratoires) et de Pierre NYS, médecin tabacologue de Bruxelles en personne [5-6]. Nous sommes ici en présence de ce que nous qualifions de métaplagiat et méta-imposture, métastases d’un totalitarisme en germe dans le domaine scientifique et de la santé publique (anti-tabagisme).

ENGLISH : Bertrand Dautzenberg, president OFT (Office Français du Tabagisme, French national antismoking authority) and Jean-Yves Nau (journalist with French daily newspaper Le Monde) are known for having plagiarised, among others, a comprehensive academic book on hookah (narghile, shisha) smoking. Interestingly, their «masterpiece» also happened to be the most important fraud in the history of tobacco research [1-4]. This is not the end of the story as Belgian researchers and friends of these individuals (FARES organisation, and Pierre NYS in particular) have further published two official documents desperately aiming at restoring the standard and reputation of the plagiarists’ “”book””. We have named metaplagiarism and meta-fraud such a venture which may also be viewed as metastases ofan emerging totalitarianism in the scientific and public health fields (antismoking)[5-6].

Introduction

Le FARES (Fonds des Affections Respiratoires) est une association de type Asbl, dont le siège se trouve à Bruxelles (Belgique). Cet organisme est financé, entre autres, par la Commission Européenne et « HELP, Pour une vie sans tabac », une campagne dont le coordinateur est Bertrand DAUTZENBERG (France). Ce dernier est président de l’OFT (Office Français du Tabagisme) et l’auteur, avec Jean-Yves NAU (journal Le Monde) d’un plagiat doublé de la plus grande imposture de l’histoire de la recherche sur le tabac [

1-4].

Le FARES a publié en octobre dernier un document officiel («cahier» de 36 pages avec copyright et dépôt légal) intitulé:

«La chicha…, comment en parler avec les jeunes?»[5]. L’équipe de rédaction comprend: Sébastien FILLOUX, Hernando REBOLLEDO et Françoise COUSIN. Le «comité de relecture»(sic) comprenait, entre autres, le Dr Pierre NYS, la Dr Maryse WANLIN et le Pr Jacques PRIGNOT.

Pierre NYS est en fait l’auteur d’un métaplagiat (semblable à celui que nous présentions ici et émaillé lui aussi d’erreurs scientifiques monumentales) publié dans la Revue de Médecine Générale [

6]. Il fait écho à ce qu’il annonce comme une“campagne de presse du FARES sur la chicha, le 11février 2009, en faisant le point sur les dernières données scientifiques de cette pratique”«inaugurée»(sic) par Bertrand DAUTZENBERG [7]. Habitué que nous étions aux campagnes de presse de l’OFT en France avant notre dénonciation publique du plagiat et l’imposture scientifique de cet individu [1-4], le moins que l’on puisse dire est que nous n’avions pas eu vent de cet «événement».

Quand à Jacques PRIGNOT, il s’était distingué il y a quelque temps par une publication (co-écrite avec Annie SASCO (Comité National Contre le Tabac) et Prakash GUPTA, entre autres) émaillée de graves erreurs scientifiques et dans laquelle les experts internationaux du tabac citaient à l’appui, à l’instar de Pierre NYS, le plagiat/imposture de Bertrand DAUTZENBERG et Jean-Yves NAU [

8]. Nous avons eu l’occasion de critiquer ces exploits scientifiques [9].

Dans cette nouvelle publication du FARES,

le président du Conseil d’Administration, Jean Paul VAN VOOREN, se présente comme une caution morale et scientifique sous le titre d’«éditeur responsable»(sic)[5]. Cette dernière mention, ainsi que les liens directs avec l’entreprise de plagiat française, rendaient soudain le document public sur le narguilé éminemment suspect. Nous le montrons ci-dessous. Cependant, comme il n’était pas possible de commettre un nouveau plagiat, l’équipe du FARES s’est attelée à la tâche de chercher à réhabiliter celui de Bertrand DAUTZENBERG et Jean-Yves NAU, allant jusqu’à donner l’impression fallacieuse de «relativiser» les données. Ainsi, notre livre qui a fait l’objet du plagiat est cité dans une tentative éhontée de «montrer patte blanche»[10].

A présent, passons en revue les «techniques» de base du métaplagiat belge:

1-Technique du maquillage et du camouflage du maquillage

Comparer (pour rappel de la technique de base du plagiat; et nous ne citerons qu’un seul exemple) les passages suivants:

«Le produit fumé prend deux, voire trois, formes principales. La première est le tabamel, «mu‘essel», qui signifie littéralement en arabe «miellé» et nommé ainsi en raison de sa composition à base de mélasse ou de miel utilisés comme agglutinants.»(source: notre livre de 2007)[10]

et

«Le tabamel (ou abamel), en arabe « mu’essel », littéralement « mielleux », est nommé ainsi en raison de sa composition à base de mélasse. Cette dernière est un résidu non cristallisable de la fabrication du sucre de canne ou de betterave. Le tabamel peut également comporter du miel, comme à son origine. Cette mélasse et ce miel sont utilisés comme agglutinants.”(métaplagiat du FARES, page 7)[5]

2-Technique du passage en force

Les faussaires du FARES ne peuvent affirmer qu’un chercheur indépendant non affilié au camp totalitaire anti-fumeurs a précédé de plus de 10 ans leurs collègues plagiaires en France en analysant en détail les diverses hypothèse historiques relatives à l’origine de l’objet de tant d’hystérie aujoud’hui. Par ailleurs, ce même travail précoce a aussi mis à nu la médiocrité et l’hypocrisie des experts anti-tabac de tout poil, à commencer par ceux de l’OMS (cf. les SciTopics sur l’ épidémie mondiale du houka et la mystique du houka ).

Le comble de cette hypocrisie est atteint avec le passage suivant, en fait totalement pillé par Bertrand DAUTZENBERG et Jean Yve NAU à l’époque)[

1]:

«L’origine de la chicha est marquée de beaucoup d’incertitudes. La première pourrait être moyen-orientale et, plus précisément, en Iran, après que les Portugais aient introduit le tabac en Europe au début du XVI e siècle. D’autres affirment que le narguilé fut inventé en Inde, et que c’est seulement ensuite que son usage s’est répandu dans tout le Moyen-Orient. Une origine européenne est également mise en avant par des historiens du tabac. En 1971, la découverte en Ethiopie de bols de narguilé, datés aux environs de l’année 1320 pourrait remettre en question toutes ces origines et pourrait laisser entendre que la chicha n’a pas vu le jour en Europe, au Moyen-Orient, ou en Asie, mais sur le continent africain. Il est donc difficile de trancher sur son origine géographique, d’autant plus que son usage a pu se développer de manière indépendante en différents endroits du monde»(note 6, page 9: 6. Dautzenberg, B. (2007). Tout ce que vous ne savez pas sur la chicha. Margaux Orange, p. 3)[5].

3-Technique de la citation censée protéger les métaplagiaires

Après le plagiat et sa dénonciation [

1-4], les métaplagiaires se devaient au minimum de nous citer pour donner à leur entreprise frauduleuse, un petit air d’objectivité. Ils l’ont fait en poussant l’impudence demettre sur un même plan un ouvrage objectif de recherche scientifique et son plagiat (doublé d’une imposture) avéré:

«Pour de plus amples informations sur les tabacs et les charbons, le lecteur pourra se référer au livre de Kamal Chaouachi, Tout savoir sur le narguilé. Société, culture, histoire et santé, aux éditions Maisonneuve & Larose (2007), ainsi qu’à celui de Bertrand Dautzenberg, Tout ce que vous ne savez pas sur la chicha, aux éditions Margaux Orange (2007)»(FARES, page 8) [1-4].

4-Technique consistant à ne pas donner un nom au Diable

Le

s faussaires du FARES affirment ainsi, au sujet du narguilé: «Cependant, ses origines sont mystérieuses et

sujettes à certaines controverses»(page 5)[5]. Qui sont donc les deux parties de la «controverse» ? Nous sommes ainsi nommés «controverse» et nous transparaissons parfois derrière l’adverbe sujet« Certains »ou ainsi:«D’autres affirment »

Ailleurs, à la page 29, on peut trouver un tableau (à gauche) qui reprend en fait nos propres recommandations veilles de presque 10 ans…. Encore une fois, le Diable (visionnaire…) n’est pas cité…



5-Technique du recyclage en masse

Elle a consisté à citer abondamment (à coups de paragraphes entiers) le plagiat de Dautzenberg et Nau. On remet ainsi « sur le marché » les « idées » que contenait le « livre » de leur gourou français. Depuis notre mise à nu du plagiat et de l’imposture en 2007 [

1-4], les auteurs du FARES ont ainsi disposé d’un peu de « recul » et se sont très visiblement efforcés de corriger certaines erreurs (seulement certaines, tant elles sont nombreuses, et que nous avions signalées; voir, par exemple, leur note “Excepté le Béryllium“; page 17 du métaplagiat). Cependant, le plagiat original était une telle imposture que l’on retrouve, entre autres dans le métaplagiat du FARES, des erreurs monumentales commel’ineptie anthropométrique suivante à même d’alimenter à nouveau un racisme de nature pneumologique:

« En effet, le mode d’inhalation concerne plus précisément le volume des bouffées et leur fréquence. A ce sujet, les résultats montrent que les européens inhalent plus profondément que les méditerranéens d’Afrique du Nord (Dautzenberg, 2007, p. 25) »(cité à nouveau par les auteurs du FARES, page 17)[5].

Nous avons déjà répondu à ces billevesées dans nos propres publications. A tout hasard,

rappelons que pour un même produit qu’est le tabamel, qu’ils soient Méditerranéens ou Esquimaux, Indiens ou Auvergnats, tous les êtres humains inhalent absolument de la même manière la fumée du narguilé.Les affirmations des plagiaires de l’OFT et des métaplagiaires du FARES sont en contradiction totale avec toutes les données de la littérature tabacologique et anthropologique mondiale. Relayées par de nombreux médias et « chercheurs », elles illustrent, une fois de plus, l’ignorance et l’irresponsabilité de ces “experts” officiels, qu’ils soient membres d’un « comité de relecture » (Pierre NYS, Jacques PRIGNOT) ou « éditeur responsable »(Jean Paul VAN VOOREN), supposés être, de surcroît, des pneumologues dignes de ce nom…



Conclusion

Hormis les « techniques » évoquées plus haut, nous voudrions résumer

le mécanisme d’une telle cabale.Tout d’abord, les liens entre le plagiaire principal, Bertrand DAUTZENBERG, et ses collègues belges sont, financièrement et/ou « scientifiquement » très forts. Cet individu s’est rendu en Belgique pour une «conférence de presse»(sic)[7]. Un tel «événement» inspira Pierre NYS pour l’écriture d’un premier métaplagiat dans la Revue de Médicine Générale lequel visait à réhabiliter l’«œuvre» du plagiaire [6]. Or, Pierre NYS apparaît aussi comme membre du « comité de relecture »(sic) du FARES [5].

De même en va-t-il pour Jacques PRIGNOT. Ce dernier est un collègue d’Annie SASCO, elle-même très proche de Bertrand DAUTZENBERG (organisations françaises anti-tabac respectives: CNCT/OFT). Le plagiat fut notamment cité sans vergogne dans une revue internationale proche de ces individus:

The International Journal of Tuberculosis and Lung Disease[8]. Il est à noter que les rédacteurs en chef de ce titre refusèrent, sans surprise, de publier une correction.

Comme dans le cas du plagiat original de Bertrand DAUTZENBERG et Jean-Yves NAU (qui était de nature collective avec l’implication de Joseph OSMAN, Pascale SOMMERA, Maria OELCHANIDIS et Lalla TRAOREL)[

1], nous sommes ici en présence d’unmétaplagiat collectif[5]. Ce cas montre que les groupes anti-fumeurs sont capables du pire pourparvenir à leurs fins millénaristes(un monde à venir sans tabac et sans fumée en aucun endroit de la planète). Même quand leur propagande anti-scientifique rencontre de sérieuses résistances, ils sont prêts à la « politique de la terre brûlée ». C’est bien là une caractéristique du totalitarisme [11]. Les leçons de la récente révolution tunisienne ainsi qu’uneaction en justice–simultanément en France et en Belgique et doublée par la même occasion d’uneintervention auprès de la Commission Européenne, source de financement de ces mouvements totalitaires pseudo-scientifiques- fera certainement réfléchir les groupes transfrontaliers de faussaires prétendant s’exprimer au nom de la « science » et de la « santé publique » quand leurs intérêts se situent manifestement ailleurs.

Paris, février 2011.



Références bibliographiques

[1]

PLAGIAT: Dautzenberg, Bertrand & Nau, Jean-Yves : Tout ce que vous ne savez pas sur la chicha». Paris, Editions Margaux-Orange (dirigées par Stéphane Arbouze)/OFT (Office Français du Tabagisme), 2007.

http://www.ofta-asso.fr/index.php/component/content/article/49-les-supports-dinformation-et-de-communication/108-article-de-base-muet

http://www.margauxorange.com/produit.php

[2] Chaouachi K. An open letter against plagiarism and plagiarists. Tabaccologia 2009; 1: 46-7 [English and Italian]

http://www.tabaccologia.org/PDF/1_2009/19_1_2009.pdf

[3] Plagiat de Bertrand Dautzenberg et Jean-Yves Nau. Tableau comparatif partiel

http://kamcha.googlepages.com/PLAGIAT_Bertrand_DAUTZENBERG_Jean_Yv.pdf

[4] Zaga V. Plagiarism in biomedical sciences: a bad habit that needs to be rooted out [Il plagio in campo medico-scientifico: un malcostumbre da estirpare]. Tabaccologia 2009;4:5-7.

http://tabaccologia.org/PDF/4_2009/2-042009.pdf

[5]

METAPLAGIAT: Vooren JP (FARES). La chicha…, comment en parler avec les jeunes ? FARES (Service Prévention Tabac); INAMI; Service public fédéral, sécurité de la chaîne alimentaire et environnement. Octobre 2010, 36 pages. Rédaction : Sébastien Filloux, Hernando Rebolledo et Françoise Cousin (Service Prévention Tabac, FARES asbl). Comité de relecture : Dr. P. Nys, Prof. J. Prignot, Dr. M. Wanlin. Graphisme : Emine Karali.Editeur responsable: Jean Paul Van Vooren, FARES, rue de la Concorde 56, 1050 Bruxelles; © FARES Octobre 2010. Dépôt légal D/2010/5052/3.

http://www.fares.be/documents/FARES_chichaweb.pdf

[6]

METAPLAGIAT: Nys P. La chicha, un nouveau mode d’initiation à fumer dont la dangerosité est souvent méconnue. Revue de la Médecine Générale 2009; 263:184-8.

http://www.ssmg.be/new/files/RMG263_184-188.pdf

[7] “Conférence de presse [de Bertrand DAUTZENBERG] Tout ce que vous ne savez pas sur la chicha. 11 février 2009”. Evénement cité par Pierre NYS (référence 6).

http://www.ssmg.be/new/files/RMG263_184-188.pdf

[8] Prignot JJ, Sasco AJ, Poulet E, Gupta PC, Aditama TY. Alternative forms of tobacco use. Int J Tuberc Lung Dis. 2008 Jul;12(7):718-27.

http://www.ingentaconnect.com/content/iuatld/ijtld/2008/00000012/00000007/art00006

[9] Chaouachi K, Sajid KM. A critique of recent hypotheses on oral (and lung) cancer induced by water pipe (hookah, shisha, narghile) tobacco smoking. Med Hypotheses 2010; 74: 843–6.

http://dx.doi.org/10.1016/j.mehy.2009.11.036

[10] Chaouachi K : Tout savoir sur le narguilé. Société, culture, histoire et santé [Eng.: Everything about Hookahs. Society, Culture, Origins and Health Aspects]. Paris: Maisonneuve et Larose, 2007, 256 pages, colour. ISBN : 978-2-7068-1954-4

[11] Enstrom JE. Defending legitimate epidemiologic research: combating Lysenko pseudoscience. Epidemiologic Perspectives & Innovations 2007 (10 Oct);4:11

http://www.epi-perspectives.com/content/4/1/11

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